QUI SOMMES-NOUS ?

L'association du CETA de Savoie (Centre d'études techniques apicoles) a été créé en 1997 et est gérée par de nombreux.ses apiculteurs.trices bénévoles passionnés.es.  Elle est le conservatoire de l’abeille noire de Savoie, membre de la FEDCAN (Fédération Européenne des Conservatoires de l’Abeille Noire).

Elle rassemble plus de 150 adhérents-membres et plusieurs ruchers écoles sur l’ensemble du département. Le CETA possède un site d’activité de sélection de l’abeille noire et une station de fécondation dans la vallée des Belleville. L'association opère également sur trois autres sites en Savoie : les communes d'Aigueblanche/La Léchère, Grand Maison et sur la commune d'Ecole en Bauges.

Le CETA poursuit un programme de restauration de l'abeille noire locale développé dans le Parc de la Vanoise, dès les années 1970. Déjà à l'époque on parlait de la disparition inquiétante de ce précieux insecte.

L'abeille noire (Apis mellifera mellifera), est pourtant notre abeille endémique, présente en Savoie, en France et sur une grande partie de l'Europe occidentale depuis des millénaires. Elle a survécu à 2 glaciations et s'est fortement adapté à son milieu de vie. Aujourd'hui elle est en voie d'extinction... Alors que lui est-il arrivé ?  

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Son plus fidèle ami et malgré tout son plus grand prédateur a interféré dans sa vie : l'Homme !

 

Dès le début du 20ème siècle, l'humanité occidentale s'est inscrite dans une dynamique économique d'industrialisation, d'interventionnisme et de mondialisation qui s'est accentuée durant les 60 dernières années. Perte de biodiversité, système agricole fondé sur la productivité et rentabilité (industrialisation croissante, destruction des forêts et zones sauvages au profit de la monoculture intensive, sols pauvres, pesticides, ...),  dérèglements climatiques, parasites et prédateurs importés, transhumance des colonies à outrance, importation massives d'abeilles et de reines provenant de partout dans le monde entraînant une pollution génétique et un affaiblissement du système immunitaire des abeilles ,... L'impact sur elles, les pollinisateurs et à plus grande échelle sur l'ensemble de la nature est catastrophique. Et a entraîné la disparition progressive de notre abeille noire locale!

 

Plusieurs apiculteurs et apicultrices du coin, passionnés.es et amoureux.ses de leurs abeilles locales ont donc souhaité se mobiliser pour créer l'association et s'engager à poursuivre le travail de reconstitution et de sélection de notre écotype entrepris dans les années 70. 

La difficulté pour retrouver le patrimoine génétique d'une sous-espèce en déclin promettait une tâche compliquée déjà à cette époque, car le métissage des populations d'abeilles mellifères, en Europe, s'accomplissait dès 1904.

A cette date, l'acariose, une maladie parasitaire très contagieuse s'abattait sur l'Angleterre et décimait selon les chiffres officiels, 95% des ruches en quelques années. La contagion s'étendit rapidement, si bien que les ruchers des autres pays furent à leur tour touchés. En Savoie, de 1914 à 1927, les pertes de ruches furent considérables. Le seul remède pour contenir la contagion fut de détruire les colonies.
 
Pour reconstituer les exploitations familiales frappées, nos paysans de l'époque, qui pour la plupart ne pratiquaient pas l'essaimage artificiel, ont acheté en quantité des essaims d'abeilles italiennes. L'abeille italienne étant moins sensible à l'acariose, le contagion régressait naturellement mais le métissage entre abeilles locales et italiennes galopait. L'abeille italienne (Apis mellifera ligustica) incitait à son élevage car elle produisait de fortes populations avec des récoltes bien supérieures à celle de l'abeille locale. Le problème était que ces grosses colonies consommaient rapidement ses réserves de miel et beaucoup d'entre elles mouraient de faim au cours de nos long hivers rigoureux. D'autre part, les belles récoltes qui faisaient suite aux premiers métissages bénéficiaient de "l'effet d'hétérosis" ou vigueur hybride, une heureuse conséquence du croisement entre deux lignées pures, mais génétiquement éloignées, qui apporte une vitalité exceptionnelle.

Aujourd'hui, la situation s'est empirée du fait de l'hybridation qui s'est intensifiée à cause des pratiques apicoles intensives et les importations massives de colonies et de reines depuis les années 80. 
 
Pourtant l’abeille noire présente une rusticité qui la rend très adaptée à son milieu de vie et moins vulnérable aux pathologies et parasites en recrudescence, induites pour bons nombres par la multiplication de colonies d’abeilles indéterminées dont l’adaptation à notre biotope reste souvent aléatoire.


Cette érosion génétique, due a de multiples croisements avec ces autres races importées , a comme conséquence l’effondrement du travail irremplaçable que la nature avait réalisé pendant des millénaires. Travail qui avait produit des populations d’abeilles bien adaptées au milieu naturel des différents écosystèmes. Ce qui justifie des mesures de conservation de notre génétique locale.

L'abeille noire, autrefois appelée abeille française ou abeille commune, occupait en Europe occidentale, depuis déjà plusieurs millénaires, une aire de répartition très vaste, et de ce fait y rencontrait des conditions écologiques extrêmement diverses. Sous l'effet de la sélection naturelle, l'abeille noire s'est donc adaptée à ces conditions variées, d'où l'apparition d'une diversité biologique très riche. 
Une des grandes qualités de l'abeille noire se trouve dans son étonnante rusticité, elle est en effet robuste et demande peu de soins.
L’abeille noire de Savoie est un écotype dont le cycle biologique est très bien adapté aux multiples conditions de l’environnement montagnard.
Ici, elle présente des caractéristiques apicoles intéressantes, comme la faible consommation hivernale, le développement tardif mais rapide au printemps, une bonne résistance aux maladies et l'aptitude au butinage par temps frais.

L'action du CETA de Savoie est donc de conserver la génétique de l'abeille noire grâce à un rucher de  fécondation lui permettant de produire plusieurs centaines de reines noires chaque été. Pour ceci, depuis 3 ans, nous procédons à un inventaire génétique sur plusieurs populations d'abeilles grâce à des analyses ADN. Ces analyses sont financées chaque année par le Parc de la Vanoise et nous permettent de perpétuer le long processus de restauration de l'espèce locale.

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